MOUVEMENT
POUR L´ AUTODETERMINATION ET L´INDEPENDENCE DE L´ARCHIPEL CANARIES, LE
M.P.A.I.A.C.
Communiqué sûr l´année 2006
L´an
2006 touche à sa fin et notre archipel africain continue sous domination
coloniale espagnole. La couronne d´Espagne continue à ignorer les résolutions
sur le droit de peuples colonisés à son indépendance. Espagne continue à croire
en son empire colonial dont les derniers restes se trouvent encore en Afrique.
Cette année, les rois d´Espagne sont venus aux Canaries et on visité toutes les
îles dans un geste de provocation flagrante contre notre peuple et un insulte à
l´Afrique. Aussi nous avons été insulté un an de plus, par le président
socialiste espagnol, Rodríguez Zapatero,
qui est venu une fois de plus, prendre ses vacances à l´île de Lanzarote.
Depuis
les derniers temps l´Espagne coloniale, a fait tous les efforts pour conserver
cette colonie, répressions, morts, prisons, terrorisme d´état à travers d´assassinats
de dirigeants. Maintenant Madrid a une nouvelle politique, établir un demi
million d´espagnols aux îles et faciliter l´installations de plus d´un autre
demi million d´européens et d´autres pays, pour mener à bien une occupation de
l´archipel et empêcher ainsi aux Canariens, la reconnaissance de leurs justes
et légitimes réclamations nationales. Cette politique de peuplement avec des
européens doit être dénoncé à travers l´opinion internationale et surtout à
travers la presse amazigh. Les Canaries servit à
l´Espagne pendant des siècles de colonie d´exploitation, non de peuplement.
L´expansion espagnole aux XV siècle, dans
leurs colonies africaines, n´obéit pas à des nécessités démographiques, comme
en Amérique. Aussi, le nombre d´européens ne fut-il jamais considérable aux
Canaries jusqu´au XIX siècle. Si l´on excepte les hauts fonctionnaires
espagnols séjournants dans les grandes villes, les grands caciques descendants de conquérants, rarement dans
leurs terres, les marchands de ports et quelques familles portugaises et
andalouses pour les petites professions
ou artisans, le reste de la population demeura presque exclusivement guanche, c´est dire, berber ou imazighen, car les espagnols avaient besoin d´abord des
esclaves et ensuite de travailleurs pour la terre et pour garder leurs troupeaux.
D´autres donnés de cette année, est-ce que
l´Espagne colonialiste du roi Borbon, essaie de
tromper le monde africain en dissant qu´à partir des
Canaries ont va aider l´Afrique et que l´archipel va devenir une plateforme
internationale pour développer notre continent. Vous imaginez un pays esclavagiste, colonialiste et capitaliste et
ennemi du droit des peuples à disposer d´eux-mêmes, (nous sommes encore une
colonie) et que pendant de siècles s´est bénéficié avec la traite d´esclaves
dans ses colonies américaines, va devenir protecteur de l´Afrique ?. En réalité, des groupes capitalistes internationaux
veulent s´établir aux Canaries pour planifier une nouvelle politique
néocolonialiste d´exploitation de notre continent et au même temps intensifier
une politique de peuplement des Canaries avec des européens pour annuler le
peuple Canarien en lutte pour son indépendance depuis 1964, date de la création du Mouvement pour l´Autodétermination et
l´Indépendance de l´Archipel Canarien, le MPAIAC
à Alger.
Depuis cette date, l´esprit d´indépendance
africaniste s´est développé dans notre archipel. L´OUA, le 20 juillet 1968, à Alger, dans la sixième conférence des
chefs d´états africains, a reconnu ouvertement et publiquement à Alger, à travers une déclaration
solennelle, ¨que les Canaries sont
partie intégrante de l´Afrique et pourtant le peuple canarien a le droit à son
autodétermination et indépendance comme tous les peuples colonisés africains
¨.
Le gouvernement colonialiste espagnol à
partir de ce moment a lancé une énorme campagne de terrorisme et répression
contre notre peuple. En 1970, le MPAIAC a envoyé un Mémorandum au Comité des 24 de Décolonisation des Nations Unies pour exiger que le Comité
oblige l´Espagne à décoloniser cette partir de
En février de 1978, dans
Bien
sûr, nous sommes des africains insulaires mais aussi pour nos ancêtres, nous sommes
des Imazighen (Berbers);
Aux
Canaries, on parle seulement le espagnol ou castillan, notre langue
africaine a disparue vers le XVII
siècle. En effet, la monarchie espagnole expansionniste et colonisatrice a
imposé aux peuples conquis non seulement son joug mais encore sa langue. La vie
de cités obligea aux guanches à apprendre l´espagnol
imposé par les tribunaux, l´administration coloniale, l´armée, l´église. Après
la conquête, beaucoup continuèrent à parler le guanche
dans les montagnes, mais dans deux siècles de colonisation il a disparue en
tant que langue, bien que nous conservions les toponymes et quelques centaines
de mots de notre langue africaine. Ce processus a été différent dans d´autres
pays de
Les africains Berbers
du continente et des îles, tout en gardant leur langue, ne se contentèrent pas
d´utiliser la langue de leurs vainqueurs, beaucoup adoptèrent les croyances
religieuses qui faisaient partie de la civilisation romaine, byzantine, arabe
ou espagnole et française. Et même en Andalousie et en grande partie de la
péninsule ibérique, des écrivains Berbers écrivaient
en latin, en arabe et même en espagnol ou castillan, car leur langue n´était
pas écrite.
De l´époque
romaine, nous devons citer parmi les Berbers écrivant
en latin, le poète Manilius,
qui sous Tibère, développa, un traité sur la divination par l´étude des signes
célestes : à partir des données astrologiques connues,et
cherche une connexion possible entre les mouvements des astres et le destin des
hommes ; son ouvrage Les Astronomiques, est bâti comme une
démonstration mathématique, ¨ il entend peindre la vraie physionomie de
l´Univers¨. Le Professeur français Eugène Guernier,
de l´Université de Paris, dit que Manilius ¨préfigure
Laplace dans sa doctrine mécanistique de la finalité que Bergson rappelle dans son
<< Evolution créatrice>>. (L´Apport de l´Afrique à la pensée
humaine¨. Payot, Paris.1952).
Berber africain aussi, Florus,
rhéteur et historien très connu et le plus célèbre de Rome sous Hadrien ;
son ouvrage magistral, ¨Abrégé de sept
cent ans de guerre, d`après Tite
Live¨. Son livre est considéré un essai sur la philosophie de l´histoire. Fronton de Cirta, orateur, consul, maître des empereurs, dont la réputation
fut telle qu´Antonin le chargea d´enseigner l´éloquence latine aux jeunes princes
Marc-Aurèl et L. Verus .
Apulée de Madaure
( né vers 125 ), poète, rhéteur, philosophe il a
écrit l´Apologie, les Florides, les Métamorphoses que, dès l´antiquité, on appelait ¨L´âne d´or ( Asinus
aureus )¨. Q. Septimius Florens
Tertullianus, plus connu comme Tertulien, né à Carthage, vers
155 ou 160, brillant avocat, il tourna court et se convertit au christianisme
du point de vue rigoriste, écrivant des dizaines de livres, bien que plus tard
il s´est mis en dehors de l´orthodoxie, quand il proclama ¨que l´Eglise était
là où étaient trois chrétiens, même laïques ( Sed ubi tres. Ecclesia
est, licet laïci ) ; Tertullien dans ses diatribes s´attaque aux païens
et à l´occupant romain, préfigurant ainsi, tous les héros africains qui ont
lutté contre les envahisseurs. In ne reconnaît qu´une nation : ¨ celle qui
n´a d´autres limites que l´univers ¨ . Aussi
s´affirme-t-il ¨étranger à tout intérêt publique¨, et ne veut connaître qu´une république : le
monde.
Minucius Felix, écrivain berber chrétien
qui écrivit un dialogue, l´Octavius, fameux à l´époque .
Saint Cyprien, évêque de Carthage,
mort comme martyr sous Valérien, auteur de nombreux livres et des lettres il se
montra pour le respect de la discipline mais il rentre en contradiction avec
Rome sûr l´élection des évêques ; d´après lui, c´est au peuple et à lui
seul que revient le droit d élire les prêtres, en présence du peuple, sous les
yeux de tous et les ordinations sacerdotales doivent être faites toujours
publiquement avec l´approbation du peuple¨. En tant que Berber
il estime que le peuple doit être
consulté dans toutes les affaires importantes car il croit dans
l´autorité des ¨décisions communes respectées de tous ¨.
Il a voulu donner à l´Eglise une structure
puisant sa force dans la démocratie, une Eglise à structure parlementaire. Il
est l´initiateur de la pensée des Eglises Nationales agrégées dans l´Eglise
Universelle ; son œuvre reste une des meilleures sources de l´histoire de l´Eglise.; Arnove et son disciple Lactance,
fameux par son livre, les Institutions
en sept livres, pour réfuter le polythéisme en démontrant que la raison peut
s´accorder aisément avec la foi chrétienne. Et le plus grand berber, Saint
Augustin, né à Thagaste en Algérie, dont le nom berber le gouvernement actuel de l´Algérie a changé pour le nom arabe de Souk el Ahras, que ne dit rien. Evêque d´Hippone (395), auteur des Confessions et
Après l´arrivé de l´ Islam en Afrique du
Nord, des berbères africains, islamisés par la force, commencent à écrire en arabe et il devient des grandes
écrivains, poètes et philosophes, Ibn Kaldoun es la preuve, ainsi que la plus part des
écrivains et philosophes berbères nés en Espagne. Il faut tenir compte que tous
les écrivains Berbers écrivaient en arabe car le berber n´est pas écrit, seule les Touareg connaissent
l´écriture tifinagh. Bien sûr, actuellement, des
historiens arabes et des gouvernements arabes, reivindiquent
Ibn Khaldoun,
comme un penseur et philosophe arabe, par
le fait qu´il écrit en arabe. En réalité les historiens et gouvernements arabes
d´aujourd´hui veulent ignorer que, Ibn Khaldoun, ce grand Berber disait
des arabes: ¨Le naturel des Arabes en fait une race de pillards et de
brigands…Les tribus berbères se tiennent à l´abri d´insultes, sur les montagnes
escarpées et défient l´esprit dévastateur qui anime les Arabes… Sous leur domination, la ruine envahit tout Ils
imposent aux gens de métier des corvées sans rétribution… L´ordre établi se
dérange et la civilisation recule. Ajoutons que les Arabes négligent tous les
soins du Gouvernement ; ils ne cherchent pas à empêcher les crimes ;
ils ne veillent pas à la sécurité publique ; leur unique souci c´ est de
tirer de leurs sujets de l´argent, soit par la violence, soit par des avanies.
Pourvu qu´ils parviennent à ce but nul
autre souci ne les occupe.¨ voire son œuvre, (Les Prolégomènes). Il
écrivait ceci en 1.375 et il
ajoutait: ¨ Voyez tous les pays que les arabes ont conquis depuis des siècles
les plus reculés : la civilisation on a disparu, ainsi que la
population ; le sol même parait avoir changé de nature. De nos jours
Plus tard, pendant l´occupation française,
les Berbers écriront en français, Jean et Taos Amrouche, Kateb Yacine,
Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Tassadit Yacine, et ils sont considérés comme des écrivains de premier
ligne de la langue française ; dans le Rif colonisé par l´Espagne, les
écrivains emploient l´espagnol pour ses récits ou travaux, comme Rachid Raja.
Aux Canaries, les guanches,
une fois christianisés et hispanisés et détruite leur culture, ont commencé aussi à écrire en espagnol, la langue des
conquérants comme le Tito Livie canarien, José
de Viera y Clavijo, qui
a écrit plusieurs livres, le plus connu, ¨L´histoire générale des Iles Canaries
¨; le Poète Antonio de Viana qui a écrit un grand poème héroïque sur le peuple
guanche de Tenerife . José Clavijo Fajardo, (1726-1806 – Teguise,
Lanzarote), rhéteur, journaliste, traducteur des livres de Buffon à l´espagnol,
écrivain et âme des salons de Paris, ami de
Goethe ( 1749-1832) qui a fait dans son honneur un drame appelé, ¨Clavijo¨. Ecrit
en huit jours, il s´inspire d´une histoire
vraie, mettant en scène ses contemporains, et non des moins connus,
puisque l´un des personnages n´est autre que le célèbre auteur du Barbier de Sevilla, Beaumarchais. Celui-ci avait une sœur, Marie, qui est tombée
amoureuse du Canarien, José Clavijo Fajardo, qui abandonna la malheureuse jeune fille et parti
à Madrid. Beaumarchais courut à Madrid secourir sa sœur, mais ne put obtenir
réparation, seulement un duel ; il retraça cette aventure dans un recueil
de Mémoires, qu´il fut paraître en 1774.
Goethe s´empara du sujet pour faire
une pièce de théâtre, ¨Clavijo ¨, alors
que tous les personnages étaient en vie, y compris Clavijo,
qu´il fait pourtant mourir à la fin de son drame.( Justement en 1999, il a été
représenté par le Ballet de l Ópéra de Paris, adapté
par le grand chorégraphe Roland Petit,
décor de Jean.Michel Wilmotte,
Luisa Spinatelle, pour les
costumes, Gabriel Yared a composé une musique
originale, l´orchestre de l´Opera sous la direction
d´Ermanno Florio ; le
danseur Nicolas Le Riche qui a
incarné le canarien Clavijo
et Marie, la sœur de Beaumarchais, incarnée par Clairemarie
Osta qui
atteint la perfection dans sa danse
et le personnage de Beaumarchais par Karl Paquette.).
Aussi aux Canaries il faut citer les frères, Juan
de Iriarte et Tomas de Iriarte, Pedro Agustín del Castillo, Secundino Delgado Rodriguez,
Benito Pérez Galdós, Luís y Agustín
Millares Cubas, Bartolomé Cairrasco,
José Ruiz de Padrón, Francisco Guerra
Navarro, Villalba Hervás, Alonso Quesada, Fernando Arozarena,
Antonio Trujillo, Antonio Reyes, Isaac de Vera, Víctor
Ramírez et le grand poète Francisco Tarajano, patriotas et indépendentistes
actuels, le curé Fernando Baez, et d´autres écrivains dont la liste serait
trop grande pour cette communication.
En
cette année 2006, notre archipel
africain s´est convertit dans un lieu d´arrivage de pateras
et cayucos (barques) venant du Maroc et de l´Afrique
subsaharienne ; ces migrants fuient la misère, les guerres civiles et
souvent la dictature des gouvernements néo colonisés d´Afrique ; ils tentent de survivre dans
des conditions d´extrême nécessité mais l´ Espagne procède à un refoulement collectif vers les pays
africains sans respecter le droits fondamentaux des gens reconnus
universellement aux migrants arrivés dans un territoire, ignorant ¨
Si l´Espagne avait, en 1956 donné l´indépendance au Rif, en tant que territoire colonisé,
la situation serait différente dans
En conclusion, l´Espagne coloniale continue à occuper
l´Afrique du Nord, Ceuta, Melilla, îles Chafarinas, îlots de Velez de
Le Peuple Canarien, continuera la lutte
dans ce nouvel an 2007, pour
récupérer nos justes et légitimes droits nationaux, pour notre Indépendance et
pour notre Liberté sous le drapeau national,
Canaries,
Tenerife, Afrique du Nord, Tamazgha occupée, le 30
décembre 2.006.
Signé : Antonio Cubillo, Secrétaire Général du MPAIAC.
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