SOLIDARITÉ AVEC À BAS LANSANA CONTÉ ET SON RÉGIME
CRIMINEL ! HARO SUR SES SUPPÔTS
D’ICI : CHIRAC, UMP ET PS ! IMPÉRIALISTES FRANÇAIS, HORS
D’AFRIQUE !
Groupe CRI
Communiste
Révolutionnaire
Internationaliste
http://groupecri.free.fr
Douze jours après son recommencement, la grève
générale des travailleurs de Guinée-Conakry continue
de paralyser le pays, comme elle l’avait fait du 10 au 27 janvier. Le sinistre dictateur Lansana
Conté et ses sbires ont choisi la répression la plus féroce. Après les 60
morts de janvier, des dizaines de nouveaux cadavres s’amoncèlent depuis le
soulèvement spontané qui a éclaté le 9 février, suite à la nomination provocatrice
aux fonctions de Premier ministre d’Eugène Camara, ancien ministre de
l’économie et ami très proche de Conté. L’état d’urgence, la loi martiale et le
couvre-feu ont été décrétés. L’armée quadrille les grandes villes. Le pouvoir
organise un blocus total de l’information (fermeture des radios et journaux
indépendants, des cyber-cafés, etc.). Selon les ONG,
des centaines de personnes, notamment des syndicalistes, ont été arrêtées,
emprisonnées, souvent torturées.
Malgré cette répression, les
travailleurs et les jeunes refusent de reprendre le travail. Leur mot d’ordre de « changement » se concentre depuis janvier dans
l’exigence du départ de Lansana Conté. Aujourd’hui,
l’affrontement entre les masses et le pouvoir est dans une phase décisive. Les
travailleurs et notamment les jeunes n’ont pas attendu l’ultimatum fixé au 12
février par les directions syndicales pour descendre dans la rue, sitôt connue
la nomination de Camara. Le 10, à Conakry, le cortège de Conté à été caillassé par les élèves du lycée Matam,
l’obligeant à changer de voiture pendant que sa garde rapprochée tuait deux de
ces jeunes. À Kankan, des manifestants ont tué un militaire qui venait de leur
tirer dessus. À Labé et Pita, les bureaux des préfets ont été incendiés. À Siguiri, l’hôtel du ministre de l’économie a été brûlé et
les manifestants ont tenté de prendre d’assaut la prison. Dans beaucoup de
villes, des barricades sont dressées, des villas et des bâtiments officiels
sont attaqués et brûlés. Bien que Conté ait décidé d’augmenter la solde des
soldats pour éviter les mutineries ou désertions, il doit faire appel au
renfort de commandos libériens et des « Bérets rouges » (milices
commandées par son propre fils), pour terroriser la population. Dès lundi 12,
de jeunes soldats avaient quitté le camp militaire Alpha Yaya après y avoir
pris les armes et munitions, pour rejoindre les manifestants et combattre les
commandos libériens…
LES
DIRECTIONS SYNDICALES RÉFORMISTES REFUSENT D’AFFRONTER
LE RÉGIME
Malgré cette situation
insurrectionnelle, les dirigeants des deux centrales syndicales (USTG et CNTG),
qui ont appelé à la grève générale sur la base de revendications sociales et
subi eux-mêmes la répression, s’efforcent pourtant de canaliser le soulèvement
ouvrier et populaire dans le cadre du régime. Ils avaient déjà mis fin à la grève générale de
janvier contre de simples promesses, alors ques les
masses exigeaient le départ de Conté. Même après la nomination de Camara comme
Premier ministre, véritable violation des accords du 27/01, Ibrahim Fofana, secrétaire général de l’USTG,
s’est contenté de déclarer : « Nous
n’avons pas de réaction, car les syndicats n’ont pas été consultés. » Et
un autre responsable de cette centrale a même affirmé que Camara était
« honnête », quoique trop proche du pouvoir !
Au lieu de se battre réellement
pour le départ du dictateur, les dirigeants syndicaux acceptent d’aller
négocier avec ses
représentants : ils les ont rencontrés les 15, 20 et 21 février, alors que
leur propre « préalable » à l’ouverture des discussion (la levée de
l’état d’urgence) n’avait nullement été satisfait. En se rendant à la réunion
du 21/02 avec les représentants du pouvoir, I. Fofana
a dit : « Nous sommes venus
(...) pour qu’ensemble, nous puissions contribuer à faire lever l’état de
siège, mais aussi à faire en sorte que nous allions tous dans le sens de
l’apaisement. » Mais de quel « apaisement » peut-il s’agir, si
Conté reste au pouvoir alors que les masses exigent son départ après 23 ans de
dictature corrompue et sanglante ?
Il y a donc une contradiction
évidente entre le mouvement des masses et l’orientation des directions
syndicales. La présidente de
C’est
pourquoi il faut exiger de l’USTG et de
• qu’elles
rompent toutes « négociations » avec Losana
Conté et son gouvernement ;
• qu’elles
exigent le départ inconditionnel du dictateur et mènent la grève générale
jusqu’à la chute du régime ;
• qu’elles
convoquent ensuite elles-mêmes des élections libres pour une Assemblée
constituante qui aurait pour tâche de satisfaire l’ensemble des revendications sociales immédiates mises en avant dans la
grève générale, en les finançant par l’abolition de la « dette »
extérieure et par l’expropriation sans indemnités ni rachat des entreprises
françaises et autres qui pillent les richesses du pays.
Les directions
syndicales ne veulent pas d’un tel programme, mais c’est la seule issue
positive possible au soulèvement de la classe ouvrière et du peuple de Guinée.
Il faut donc le leur imposer en tenant compte de leur influence décisive sur
les masses, au stade actuel de la lutte. Pour cela, les travailleurs et les
jeunes doivent développer et renforcer leur auto-organisation.
Ils n’ont pas d’autre choix que d’édifier
partout des comités d’usines et de quartiers, pour renforcer la grève générale
jusqu’à la chute du régime et commencer à construire eux-mêmes l’alternative
conforme à leurs exigences. Et ils doivent s’armer pour résister aux exactions de l’armée comme aux Bérets
rouges et aux commandos libériens.
Mais, pour
gagner, les travailleurs de Guinée (pays qui ne compte que 10 millions
d’habitants, parmi les plus pauvres du monde) ont besoin de toute la solidarité
des travailleurs des autres pays africains et des pays impérialistes. C’est
tout particulièrement le devoir des travailleurs de France, dont une partie des
acquis est financée par le pillage des pays africains
par cet État impérialiste.
HARO
SUR L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS ET SES VALETS DE DROITE ET DE GAUCHE !
L’État impérialiste français a
toujours soutenu sans réserve le dictateur Lansana
Conté, lui-même ancien
militaire formé par l’armée française, arrivé au pouvoir après un coup d’État
en 1984, maintenu grâce à une armée financée, formée et équipée par
Or Losana
Conté, d’ailleurs très vieux et malade, ne peut s’accrocher aujourd’hui au
pouvoir malgré la puissance de la grève générale que parce qu’il dispose de ce
soutien de l’impérialisme français (et des autres). Le gouvernement Chirac-Villepin
a notamment déclaré qu’il était prêt à intervenir militairement si l’ordre
n’était pas rétabli au plus vite : ses troupes stationnées au Gabon s’y
préparent et un navire de guerre a été envoyé dans le golfe de Guinée.
De son côté, le PS a lui aussi toujours
soutenu Conté quand il était lui-même au pouvoir (dès le coup d’État de 1984). Son dernier communiqué
sur la situation en Guinée date de… plus d’un mois : autant dire qu’il
n’est pas pressé d’user de son poids pour que cessent les massacres ! Et surtout,
il se contentait alors de dénoncer formellement la répresssion,
refusant d’exiger le départ du dictateur et demandant à Chirac de « faire pression sur le régime de Lansana Conté pour mettre un terme aux dérives
autoritaires » (c’est ainsi que le PS désigne les massacres !).
Il ajoutait qu’il « souhait[ait] à plus long terme » (pourquoi se
presser, décidément ?) « que l’Union européenne s’engage pour soutenir la nécessaire
transition démocratique et la tenue d’élections libres dans un avenir
proche ». En attendant, le PS demande donc aux grévistes et
manifestants de continuer à subir la répression !
Bien évidemment, le PCF se comporte ici comme
ailleurs comme la cinquième roue du char conduit par Hollande, Royal et
consorts. Dans son communiqué du 26 janvier (lui non plus n’en a pas fait
d’autres depuis !), il dénonçait certes la « répression meurtrière », le « régime autoritaire et discrédité » et la « politique d’ajustement structurel
contrôlée par le FMI », avant d’en appeler à une « solution politique » qu’il s’agit de « trouver dans les plus brefs délais en
éclairant les causes profondes de la crise : la pauvreté massive, le
manque de démocratie », car « le
peuple guinéen exige légitimement plus de justice, le rétablissement de toutes
les libertés, et un véritable État de droit ». Mais, au-delà de ces
mots vagues, le PCF ne mentionnait même pas la grève générale en cours, il ne
revendiquait pas le départ du dictateur (préférant se demander gravement si « la nomination d’un nouveau premier
ministre aux pouvoirs élargis en Guinée » pourrait ou non « mettre un terme à une crise
dramatique »), il ne dénonçait pas l’impérialisme français et
n’exigeait même pas l’annulation de la dette (se contenant de dire que « la responsabilité de
Quant à la direction de
La direction de
Dans cette situation, les principales organisations d’extrême gauche (notamment LO, LCR et PT)
ont donc une fois de plus l’occasion de montrer qu’elles pourraient être, si
elles le voulaient, une véritable alternative politique aux réformistes. Hélas,
elles font preuve en fait, comme d’habitude, d’une lamentable passivité : aucune n’a pris quelque initiative
concrète que ce soit pour organiser la solidarité politique avec la grève
générale des travailleurs guinéens, qui pourtant nous montrent héroïquement
l’exemple à tous.
Pour manifester leur solidarité
avec la grève générale des travailleurs de Guinée et leur dénonciation de
l’impérialisme français, les travailleurs et militants d’ici ne peuvent donc,
eux aussi, compter que sur eux-mêmes, leur propre mobilisation et leur propre
intervention dans leurs organisations syndicales et politiques. C’est seulement de cette façon que pourra être
surmonté l’attentisme et que pourra aboutir l’exigence d’une véritable
mobilisation des organisations politiques et syndicales qui se réclament du
mouvement ouvrier, de l’anti-impérialisme et de l’anti-colonialisme. Il faut
tout faire pour que soit organisée au plus vite une solidarité politique et
matérielle des travailleurs de France avec leurs frères de classe guinéens, et
notamment
IL FAUT UNE MANIFESTATION VERS
L’ÉLYSÉE
Pour dire :
• Vive la grève générale
illimitée des travailleurs et des masses de Guinée, solidarité politique et
matérielle !
• Arrêt immédiat de la
répression, levée de l’état d’urgence et de la loi martiale !
• À bas Losana
Conté et son régime !
• À bas le soutien apporté
à ce régime par l’État impérialiste français et ses valets de droite et de
gauche !
• Droit du peuple guinéen à
disposer de lui-même et à choisir son régime !
• Retrait immédiat et inconditionnel des
militaires français de Guinée et d’Afrique !
• Annulation de la prétendue
« dette » de
Tract du 23-02-07 —
Contactez le Groupe
CRI !
Tél. : 06 64 91 49 63. Courriel : groupecri@free.fr