Lettre ouverte

au Président de la République du Niger

Pour la libération de Monsieur Maman ABOU,

directeur du journal " Le Républicain ", Niamey, Niger.

 

Monsieur le Président,

Le 5 novembre 2003 Monsieur Maman ABOU, directeur de publication de l'hebdomadaire " Le Républicain ", a été arrêté et incarcéré à la prison civile de Niamey pour avoir apporté les preuves du bien fondé de ses préoccupations concernant l’existence de la corruption dans certains cercles du pouvoir nigérien.

Avec une célérité inégalée, la « justice » de votre pays vient de le condamner de manière expéditive à 6 mois de prison ferme.

Permettez-nous, Mr le Président, d’exprimer notre très vive protestation contre cet acte arbitraire qui frappe un journaliste coupable d’avoir fait son métier et une personnalité qui a beaucoup apporté à l’éclosion du débat démocratique et à la liberté de la presse au Niger.

Notre indignation est d’autant plus grande que Maman Abou a beaucoup contribué, à travers son journal, à l’apaisement des tensions qui ont secoué votre pays dans les années 1990. Il est également connu pour son engagement permanent en faveur des droits de l’Homme et pour l’avènement d’une véritable démocratie capable de garantir toutes les libertés aux Nigériens. Son combat contre les malversations et la corruption, fait de lui un grand défenseur de l’intérêt général dans son pays. Son arrestation représente une grave régression de l’Etat de droit et risque de compromettre durablement l’existence du débat contradictoire nécessaire à l’évolution institutionnelle de votre pays.

A travers cette arrestation que rien ne justifie, le gouvernement nigérien fait la preuve de sa brutalité et de son incapacité à répondre sereinement aux exigences de transparence que requiert la gestion des affaires publiques. Cela ne manquera pas de ternir l’image de votre pays et risque de l’isoler davantage sur la scène internationale.

Par cette lettre, nous demandons la libération immédiate et sans conditions de Monsieur Maman Abou. Nous appelons les Etats démocratiques, les instances internationales, les ONG de défense des droits humains ainsi que tous les citoyens épris de justice et de liberté, à joindre leurs voix afin que Maman Abou soit libéré sans délai.

A travers l’expression de sa solidarité avec Maman Abou, la communauté internationale réaffirme son soutien à l’instauration d’un Etat de droit, respectueux du pluralisme politique et culturel au Niger.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Paris, le 24/11/2003

Signature

 

Lettre initiée par le Congrès Mondial Amazigh (CMA), à envoyer par la poste ou par fax à :